A partir d'une altitude de 6 500m un secours en hélicoptère devient rapidement impossible.
Les hélicoptères n'ont pas un moteur assez puissant pour monter à cette altitude. Même si la société Eurocoptére a réussi a créer un hélicoptère assez puissant, il faut que les pays de la chaîne himalayenne puissent se l'offrir...
Ce n'est qu'une histoire de temps à ce sujet. Par contre pour qu'un hélicoptère puisse intervenir il faut que la météo soit clémente, or les jours sans trop de vent et une visibilité correcte sont rares. Par conséquent le secours par hélicoptère n'est pas encore pour demain!
La seul possibilité de secours reste l'homme.
Mais rester en vie en altitude demande un tel effort au niveau de la respiration, des douleurs et du froid qu'il est déja assez dur de rester soi-même en vie, alors comment faire un secours?
Donner un coup de main c'est tout à fait faisable si la personne est encore valide, mais comment porter quelqu'un?
En réalité on est vraiment seul face à la montagne, il faut l'avoir en tête quand on part en haute altitude.
De toute façon même si on arrive à descendre quelqu'un d'en "haut", à combien de temps est le premier véhicule? le premier hôpital?
Pour quelqu'un qui a des sous c'est toujours possible de faire venir un hélicoptère au dessous de 6 500m mais pour les autres? les porteurs d'altitude? C'est malheureusement souvent la mort qui les attend.
La météo est souvent capricieuse, c'est elle qui decide souvent de qui monte ou pas.
Le temps peut passer du grand beau à la tempête avec 250km de vent et 50 centimétres de neige par heure avec des éclairs dans tous les sens en à peine 3 heures. Les signes d'orages sont faible et souvent trompeurs.
Le mauvais temps est bien plus dangeureux qu'en Europe, la température peut chuter de 30°C, la neige molle vous empéche d'avancer à cause du manque d'énergie due à l'altitude et on se perd bien plus facilement du au mauvais fonctionnement du cerveau.
Le vent violent provoque souvent la destruction des camps d'altitude, les tentes s'envolent ou se brisent avec tous ce qu'il y a dedans (duvet, matelas, réchaud, nourriture) c'est à dire tous ce qui est vitale à haute altitude.
Les fortes chutes de neige obligent à sortir déblayer la tente tous les 40 cm pour éviter l'écroulement de la tente.
Il n'y a rien de plaisant de rester en altitude par mauvais temps.
Le manque d'oxygenee a beaucoup de répercussion sur le corps et le matériel.
Il est impossible de dormir ou cuisiner la tente fermée, le CO2 produit par la respiration ou la combustion du gaz (ou essence) du réchaud nous étoufferait en quelques heures.
Le manque d'oxygenee empêche les muscles de répondre normalement, le muscle est beaucoup moins puissant. Tout effort parrais une montagne à gravir, essayer de faire du sport en respirant une fois sur trois... C'est la même chose en altitude.
Le coeur est alors obligé de battre plus vite pour faire passer plus de sang et donc plus d'oxygenee aux muscles.
Cette accélération du coeur empêche souvent de dormir la nuit, essayez de dormir aprés un 100m! Il faut que le coeur ralentisse pour dormir.
De même, le cerveau n'est plus assez irrigué en oxygene et ses facultés sont temporairement limitées. On dit qu'on a l'intelligence d'un enfant de 9 ans à partir de 8 000m. Résultat on calcule mal la prises de risque et on ne prend pas forcément les bonnes initiatives, ça devient alors tellement facile d'oublier un noeud, d'oublier de s'assurer ou de faire n'importe quel autre idiotie.
Sans compter la fatigue due au manque de sommeil et à l'effort.
Le manque d'oxygene oblige aussi de beaucoup boire. On perd 30% de l'eau du corps simplement en respirant dans un air aussi sec. Il faut boire 6 à 8 litres d'eau par jour.
La déshydratation est un facteur trés favorable aux gelures et aux oedemes.
Les MAM (Mal Aigu des Montagne) sont dus aux différences de pression et à la rareté de l'oxygene dans l'air.
Les MAM sont un passage quasiment obligatoire quand on passe en altitude. Les MAM sont dues à un passage trop rapide en altitude, le corps n'a pas le temps de gérer correctement la pression. Le créneau de "beau" temps pour atteindre un haut sommet est tellement court qu'on ne peut pas respecter les palliers d'acclimatation classique, on est obligé de forcer l'acclimatation.
Les MAM se manifestent dans la majorité des cas par un mal de tête insuportable et des vomissements. C'est la premiére étape du MAM, si la descente n'est pas rapide c'est l'arrivée de l'oedeme. Il peut être cérébral ou pulmonaire.
Dans le premier cas c'est du liquide qui se répand dans le cerveau et qui comprime celui-ci. Dans le second cas de l'eau remplit les poumons.
Les oedemes conduisent souvent à la mort s'ils ne sont pas soignés rapidement. La meilleur solution consiste à descendre de 1 200m d'altitude ou d'entrée dans un "caisson de décompression" qui simule la descente de 1 200m.
Mais attention les effets d'un oedeme s'estompent au bout de 2 à 4h aprés la descente, c'est à dire qu'il y a un point critique qu'il ne faut pas dépasser, aprés ce point la descente sera alors inutile.
Une des grandes difficultés consiste à se rendre compte qu'on commence un oedeme. Pour l'oedeme cérébrale les premiers symptomes sont un mal de tête épouvantable et des vomissements puis un raisonnement altéré. Tous ce qu'on a naturellement en altitude... mais il faut voir les limites du "normal", de plus quand le cerveau fonctionne mal à cause de l'oedeme comment se rendre compte qu'on a un oedem?
Pour l'oedeme pulmonaire, les symptomes principaux sont la toux, vomissement, et des bruits de bulles dans les poumons dues à l'eau. En altitude on passe son temps à tousser à cause de l'air sec et du manque d'oxygene, la encore il faut fair la part des choses, de toutes façon il n'y a pas deux oedemes qui se ressemblent.
Il est trés difficile de s'alimenter en altitude et ce dés 4 500m. On se sent vite ecoeuré, l'envie de manger disparait et tous les aliments parraissent fades.
Pourtant le corps a besoin de beaucoup plus s'alimenter à cause des dépenses supplémentaires dues à la lutte naturelle du corp contre l'altitude. Il est courant de perdre 1/7éme de son poids pendant une expédition.
De même le corps a besoin de beaucoup plus d'eau, on perd 30% de son eau uniquement par la respiration à 8 000m. Par conséquent il est recommandé de boire 6 à 8 litres d'eau par jour en altitude.
Pour compenser le manque d'eau et de nourriture il est conseillé de boire des boissons trés sucrées.
Ces deux carences contribuent à la fatigue du corps.